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Ecriture collaborative et libre : ça marche !


Posted on octobre 25th, by Pouhiou NoéNaute in NoéNews. No Comments

Ecriture collaborative et libre : ça marche !

J’avoue, je me suis servi de mes interventions sur « Villes en Biens Communs » pour tester une idée… Celle de faire écrire à un groupe un épisode des NoéNautes avec les techniques que j’utilise lors de mes marathons « un épisode par jour pendant 4 mois »… C’était pas gagné d’avance, mais ça se tentait…

Improvisations à Rennes

Le 1er atelier que j’ai animé était à la bibliothèque de Champs-Manceaux à Rennes. L’accueil chaleureux et attentionné de Léa (wikipédienne connue sous le pseudo de Aregann) ne pouvait faire taire cette petite angoisse de ma part : est-ce que ça marcherait ? Est-ce qu’appliquer les techniques du théâtre d’improvisation à l’écriture collaborative est un truc qui ne parle qu’à moi ou est-ce que d’autres peuvent entrer dans le trip ? Très vite, l’inventivité et le plaisir des participantes m’a répondu : 

L’idée est simple. Tu proposes aux gens un univers, en l’occurrence celui des NoéNautes où tous les 88 ans 8 télépathes découvrent leurs pouvoirs. Tu leur propose de s’imaginer un ami imaginaire, le héros de l’épisode : ça c’est facile, j’ai 8 archétypes de persos parmi lesquels choisir. Pour les engager plus avant à donner corps à ce nouvel ami, on choisit une époque (si possible encore vierge, pour pas s’embrouiller avec le fact-checking). Et juste avant décrire, on décide de la voix du narrateur (1ère, 3ème personne ou omniscient) et on trouve la première phrase… et on part en impro !

Libertés dans la collaboration.

atelier-rennesJe n’ai pratiqué le théâtre d’improvisation que comme exercice théâtral, lors de répétitions. Mais j’en connais les règles essentielles. La première c’est de ne pas savoir où tu vas. Tu connais ton perso, la situation de départ, ta première phrase…. et peut-être (mais c’est handicapant) la chute. Pour bien commencer, il ne faut surtout pas en savoir plus, se charger d’infos comme d’autres s’encombrent de trop de bagages.  La deuxième règle est simple : ne jamais dire non. Un peu comme au tétris : accepter tout ce qui vient, comme ça vient, et s’en servir pour construire son histoire. Même quand on est à plusieurs sur un pad.

Le Pad enregistre tout ce qu’on fait dessus, caractère par caractère. Si dans la phrase de l’autre, vous voyez une faute, une erreur, ou une amélioration : ne demandez même pas, et intervenez !

Mais si ça lui va pas à l’autre ?

Ben il changera ta modification. Et puis toi aussi tu peux re changer par dessus, après. T’inquiète : au bout de 10 fois à faire des modifs l’une par dessus l’autre, vous finirez bien par vous parler et trouver la solution ensemble.

Le théâtre d’impro et les collaborations libristes ont beaucoup en commun, en fait. Dans le bazar du logiciel libre, les devs semblent avoir l’habitude de pas trop avoir d’idées préconçues et d’accepter les apports externes même saugrenus. Dans l’écriture, c’est pas évident : il y a toujours le réflexe de ne surtout pas toucher à la phrase de l’autre. Comme si elle était sacrée, immuable. Pour cela le FramaPad est un outil d’enfer ! Il permet, avec ses couleurs et révisions, de ne pas craindre l’élément essentiel de l’impro et du libre : le « juste fais-le.« 

Trouvailles Toulousaines

Le deuxième atelier d’écriture a eu lieu lors de la Novela et dans le cadre de Toulouse en Biens Communs. Les ami-e-s de TouLibre (un bisous à Numahell en passant !) m’avaient invité à renouveler l’expérience. Là, j’ai eu confirmation : agir par le plaisir, ça marche. La plupart des gens, quand tu leurs dis « tiens, si on écrivait une nouvelle ? », ils se pétrifient. Ah merde ! Ecrire une nouvelle ? Il faut que je devienne auteure ? Un vrai créateur ? Mais quelle phrase écrire ? Quelle phrase sera assez bonne pour être gravée dans le marbre et me définir en tant qu’artiste pour les siècles des siècles ?

Dézinguons le piédestal du Créateur mythologique.

Donc je commence par détendre le public : c’est un jeu. Un délire. Comme quand tu imagines ton prof sous extasy, ton boss victime d’une partouze SM ou toi en super pote d’un couple de stars… On trippe, quoi. Un trip qui ne pourra appartenir à personne, qui sera disponible pour nous tou-te-s, puisqu’on va l’élever dans le Domaine Public Vivant. Un trip qui sera signé de multiples noms et pseudos, donc qui ne définira vraiment personne… Une belle remarque, de Véronique (co auteuse de Romaine Lubrique, un site hautement recommandable et recommandé) m’a fait comprendre qu’il manquait une chose à ces ateliers : aider le groupe à trouver sa voix commune, son ton, ce style qui caractérisera l’ambiance crée lors d’un atelier.

Le polar, un jeu d’enfants à Bolbec

BeBC-03Deux classes de CM1, en Normandie. Pas question ici de NoéNautes ou d’un court épisode : les enfants vont écrire une nouvelle polar en entier. L’étude du polar, le plan de l’intrigue, les personnages principaux, les listes de vocabulaire, la répartition des rédactions : tout a été préparé avec les maîtresses. Aujourd’hui les enfants créent, et je partage avec Andréas Becker (écrivain) et Sylvain Pallix (journaliste) la lourde responsabilité de les y aider. Mais franchement : qu’est-ce que tu tu veux faire quand c’est déjà si naturel pour eux ? Je leurs posais des questions, avide de découvrir l’histoire qu’illes avaient envie de faire naître… et les réponses fusaient comme une évidence.

2 classes de CM1 me l’ont confirmé : écrire est un jeu.

Pascal Cottin, aidé de Hélène et Pascaline (les maîtresses) m’ont offert un cadeau rare avec cette journée. Celui de voir comme ça se passe quand on est déjà assez cultivé pour reconnaître et utiliser les rouages d’histoires et de scénarii, mais pas encore trop ego-centré pour en faire tout un plat quand on joue avec… Le résultat, à la fin de la journée, fut intitulé « Meurtre au Manoir » et à été placé (lui aussi) sous licence CC0. Il doit manquer quelques finitions, c’est un matériau brut, mais déjà surprenant dans son acuité.

Je n’ai pas mis de lien vers les épisodes hors-séries des NoéNautes créés à Rennes et à Toulouse. Je les publierai, promis.

Mais ce que tu as à lire, aujourd’hui, c’est Meurtre au Manoir. Enjoy.

Prochains ateliers le 23 novembre sur Toulouse, fin novembre sur Lyon… et biental chez toi si tu m’y invites !

Au Plaisir,

Pouhiou.